Le cholestérol : et si on arrêtait de s’en faire pour de mauvaises raisons ?

Le cholestérol n’est pas l’ennemi que l’on croit. Décryptage simple et scientifique pour comprendre son rôle, mieux protéger sa santé cardiovasculaire et dépasser les idées reçues.

SANTÉ ET BIEN-ÊTRE

Valérie VALERA, Cap Nutrition & Pleine Santé

3 min temps de lecture

Le mot cholestérol fait souvent peur. Beaucoup de personnes pensent encore que le cholestérol est forcément mauvais, qu’il faut supprimer les œufs, le beurre ou le fromage, ou que des chiffres un peu élevés sont toujours dangereux.

En réalité, la science raconte une histoire bien plus nuancée et rassurante.

Cet article s’appuie sur les connaissances actuelles issues des organismes de référence : l’ANSES, l’OMS et la HAS.

Le cholestérol, c’est quoi exactement ?

Le cholestérol est une graisse naturellement présente dans notre corps. Sans lui, nous ne pourrions tout simplement pas vivre.

Il sert notamment à :
– fabriquer certaines hormones
– produire la vitamine D
– digérer les graisses
– protéger nos cellules

Le cholestérol n’est donc pas un poison, mais un élément indispensable.

À savoir : notre foie fabrique environ 80 % du cholestérol, même si nous n’en mangeons pas.

Manger du cholestérol fait-il monter le cholestérol ?

Il s’agit d’une idée reçue très répandue, mais fausse dans la majorité des cas.

Chez la plupart des personnes :
– manger des aliments contenant du cholestérol n’augmente pas directement le cholestérol sanguin
– le corps s’adapte et régule sa production

Ce qui influence surtout le cholestérol dans le sang, ce sont :
– une alimentation trop riche en produits ultra-transformés
– un excès de graisses de mauvaise qualité
– le manque d’activité physique
– le stress chronique
– l’inflammation
– et parfois la génétique

Bon et mauvais cholestérol : pas si simple

On entend souvent :
– LDL = mauvais cholestérol
– HDL = bon cholestérol

En réalité, c’est plus subtil.

– Le LDL transporte le cholestérol vers les organes, ce qui est normal
– Le HDL aide à le recycler

Le problème n’est pas la présence de LDL, mais :
– un excès
– un terrain inflammatoire
– un mode de vie défavorable

Deux personnes avec le même chiffre peuvent avoir des risques très différents.

Est-ce le cholestérol qui bouche les artères ?

Pas tout à fait.

Les maladies cardiovasculaires sont liées à un processus lent et complexe, dans lequel interviennent :

– l’inflammation

– le stress oxydatif (c’est quand le corps est agressé par trop de « déchets » internes et n’arrive plus à se défendre, ce qui abîme les cellules et fatigue l’organisme)

– le tabac

– l’hypertension (c’est quand la pression du sang dans les artères est trop élevée de façon durable, ce qui fatigue le cœur et abîme progressivement les vaisseaux)

– la sédentarité

– le diabète

– et le cholestérol, mais pas seul

Le cholestérol devient problématique dans un terrain déjà fragilisé.

Faut-il manger sans gras pour faire baisser le cholestérol ?

Non, et c’est même souvent l’inverse.

Supprimer les graisses peut :
– augmenter les fringales
– favoriser les envies de sucre
– déséquilibrer l’alimentation

Ce qui aide réellement :
– des huiles végétales de qualité
– des poissons
– des fruits à coque
– beaucoup de légumes
– des fibres
– une alimentation simple et peu transformée

Et les médicaments contre le cholestérol ?

Ils peuvent être utiles et nécessaires dans certains cas, notamment chez les personnes à haut risque cardiovasculaire.

Mais ils :
– ne remplacent jamais une hygiène de vie
– ne sont pas systématiques
– doivent toujours être évalués au cas par cas par un médecin

Ce qu’il faut retenir

– Le cholestérol est indispensable à la vie
– Le cholestérol alimentaire n’est pas le principal responsable
– Le mode de vie joue un rôle majeur
– Le chiffre seul ne suffit pas à juger le risque
– L’équilibre global est la clé

En résumé

Le cholestérol n’est pas un ennemi à combattre, mais un indicateur à comprendre.

Plutôt que de supprimer des aliments par peur, il est plus efficace de travailler sur l’ensemble du mode de vie : alimentation, mouvement, stress et sommeil.

C’est cette approche globale, fondée sur la science, qui permet de protéger durablement la santé cardiovasculaire.

Information importante

Cet article a pour objectif d’informer et de vulgariser des données scientifiques générales. Il ne constitue en aucun cas un conseil médical personnalisé.

Chaque situation étant unique, l’interprétation des résultats biologiques et les décisions de prise en charge doivent se faire au cas par cas, en concertation avec un professionnel de santé.